Le développement et l’avenir du soccer canadien, selon Jesse Marsch
À moins de six mois avant que le Canada co-organise la Coupe du monde de la FIFA 2026, le sélectionneur de l’équipe nationale masculine de soccer, Jesse Marsch, nous présente cinq points clé pour développer la prochaine génération de joueurs canadiens. Sa perspective met en lumière les rôles que jouent le Programme national, les clubs et éducateur·trice·s juvéniles, les joueurs, et le pays au complet dans ce processus.
Par Paula Rossi | 10 décembre 2025
En seulement 18 mois, Marsch a propulsé son équipe à des sommets sans précédent : une demi-finale à la Copa América 2024 et le meilleur classement FIFA de son histoire, soit une 26e place. Ces exploits, combinés aux succès de joueurs canadiens comme Jonathan David et Alphonso Davies dans les plus grands championnats européens, ont fait monter les attentes à travers le pays. Désormais, la question n’est plus de savoir si le Canada appartient à l’élite mondiale — mais comment le programme peut continuer à progresser.
La solution est complexe, mais une vérité demeure : l’avenir du soccer canadien ne sera aussi solide que son réservoir de talents, grâce à un développement précoce et intentionnel des joueurs. Peu de personnes sont mieux placées pour en parler que Marsch, l’architecte de l’élan actuel de l’équipe, qui a récemment participé à une séance du Centre de développement de club (CDC) du CS St-Laurent au Complexe Sportif St-Laurent dans le cadre d’une tournée promotionnelle présenté par MAS+ by Messi.
Après avoir passé du temps sur le terrain avec plusieurs éducateur·trice·s et jeunes athlètes, il a également pris un moment avec moi pour discuter de sa vision sur un developpement durable chez les joueurs canadiens. Voici cinq points clés tirés de notre conversation.
1. Pour le Programme national
À retenir : Le parcours de développement au sein des équipes nationales juvéniles doit être renforcé.
La solution de Marsch : « Une structure de développement plus forte et plus robuste aiderait à identifier les meilleurs talents plus tôt et à leur offrir des opportunités réelles de compétition au plus haut niveau dès que possible. »
2. Pour les clubs et éducateur·trice·s juvéniles
À retenir : Le développement commence par l’amour du jeu.
Le personnel technique et les éducateur·trice·s ont la responsabilité de créer un environnement sportif qui est amusant et engageant. Un principe simple s’applique : plus l’athlète est jeune, plus l’entraînement doit être basé sur des activités ludiques plutôt que sur des exercices ou des tactiques trop structurés. Un joueur doit tomber en amour avec le soccer avant de chercher à le maîtriser.
Marsch insiste : « En tant que coachs, on a tendance à se concentrer sur comment rendre nos athlètes meilleurs, mais la priorité devrait être de s’assurer qu’ils aiment réellement leur sport. S’ils l’aiment, ils reviendront toujours au terrain, et lorsqu’ils reviennent, de meilleures opportunités de développement suivent naturellement. »
3. Pour les joueurs
À retenir : Maîtrisez votre technique pour jouer plus vite.
Vous rêvez de suivre les traces d’Ismaël Koné? Comme le dit Marsch : « apprenez à jouer vite ». Le jeu s’accélère rapidement à mesure que les joueurs montent les échelons. Son style de jeu, en particulier, exige des athlètes capables d’opérer avec rapidité et détermination.
La clé pour suivre le rythme consiste à maîtriser votre technique : renforcer votre pied faible, devenir à l’aise dans le dribble en espaces restreints, améliorer la qualité de ses passes et développer le réflexe de regarder constamment autours de soi sur le terrain. Une fois ces bases solidement acquises, vous pourrez les exécuter plus rapidement pour répondre aux exigences des niveaux de jeu supérieurs.
Marsch apparaît devant la murale du CS St-Laurent célébrant ses anciens joueurs et actuels piliers de l’Équipe nationale masculine, Ismaël Koné et Moïse Bombito, au Complexe Sportif St-Laurent.
4. Pour le pays (I)
À retenir : Les infrastructures sont essentielles.
Le soccer ne peut pas prospérer sans des lieux d’entraînement accessibles, ce qui est un défi dans un pays où les terrains extérieurs sont inutilisables pendant une grande partie de l’année. Marsch a cité le Complexe Sportif St-Laurent comme exactement le type d’environnement qui l’aurait inspiré, à sauter du lit un samedi matin pour aller s’entraîner quand il était jeune. Si les villes et provinces Canadiennes veulent développer la prochaine génération de joueurs, elles doivent investir dans de telles installations.
5. Pour le pays (II)
À retenir : Fondez le développement à partir de la base communautaire.
Tout au long de son mandat, Marsch s’investit pleinement à faire grandir le soccer au Canada. Sa visite au CS St-Laurent, en plein préparatifs de la Coupe du monde, illustre sa conviction qu’une culture soccer solide se bâtit d’abord à la base, au niveau communautaire.
En s’engageant auprès des clubs locaux, en guidant des éducateur·trice·s juvéniles et en connectant avec de jeunes athlètes, Marsch contribue à raviver l’enthousiasme pour son programme et pour le sport à l’échelle nationale. Ce travail est crucial dans un pays aussi diversifié que le Canada, où de nombreux jeunes joueurs possèdent une double nationalité. L’avenir du réservoir de talents dépend du fait que ces athlètes grandissent passionnés par le soccer canadien et veuillent, le moment venu, représenter le Canada plutôt qu’une autre nation.
Cela dit, faire grandir le sport n’est pas uniquement la responsabilité de figures comme Marsch. Les supporter·trice·s juvéniles, parents, bénévoles et membres de la communauté jouent tous un rôle essentiel en créant des environnements où les enfants se sentent accueillis, encouragés et inspirés à continuer de jouer. Continuez donc à assister aux matchs locaux, à soutenir les programmes juvéniles et à célébrer les talents d’ici.
En somme, même si le développement est un engagement à long terme, le CS St-Laurent reste déterminé à contribuer à l’avenir du soccer canadien que Jesse Marsch et l’ensemble de l’équipe nationale masculine contribuent à façonner. Notre Club sera derrière eux lorsqu’ils lanceront leur Coupe du monde le 12 juin au BMO Field à Toronto.